Le reporting extra-financier : histoire, obligations et outils 

Découvrez l’histoire du reporting extra-financier ainsi que les obligations qu’il implique pour les entreprises et les outils à utiliser.

Le reporting extra-financier, également appelé rapportage extra-financier, est un processus qui consiste à déclarer publiquement les impacts sociaux, sociétaux et environnementaux d’une entreprise. Cette pratique a émergé il y a plusieurs décennies en réponse aux préoccupations croissantes des investisseurs et du grand public concernant de responsabilité sociale des entreprises. Aujourd’hui, il est devenu une obligation pour un nombre croissant d’organisations en raison des politiques environnementales plus strictes adoptées par l’Union Européenne (UE) et les gouvernements nationaux, notamment dans le cadre de la loi Grenelle. Envie d’en savoir plus ? Suivez le guide ! 

C’est quoi le reporting extra-financier ?

Choisir un outil de Business Intelligence

C’est un processus de communication et de transparence qui permet aux entreprises de faire état de leur impact sur la société et l’environnement, ainsi que sur les sujets sociaux et sociétaux et sur les enjeux auxquels elles font face. Il va au-delà du reporting financier et des indicateurs financiers classiques et permet aux sociétés de se concentrer sur leurs performances sociales et environnementales.

Quand on parle de rapportage extra-financier, des termes reviennent de façon récurrente : le rapport RSE, la DPEF et la Business Intelligence. De quoi s’agit-il ? 

  • La DPEF (Déclaration de Performance Extra-Financière), quant à elle, est un rapport annuel obligatoire pour certaines entreprises françaises du fait d’une directive de l’Union Européenne, notamment dans le cadre de la loi Grenelle. Il décrit l’impact social, environnemental et sociétal des activités de l’entreprise ainsi que son mode de gouvernance.
  • Le rapport RSE (Responsabilité Sociale des Entreprises) est l’ancien nom de la DPEF, qu’elle portait jusqu’à l’introduction de cette dernière en 2017.
  • La Business Intelligence (BI) désigne les processus et les outils qu’une organisation met en place pour tirer des enseignements de ses data et optimiser ses performances. De ce fait, le rapportage est un des processus fondamentaux de la BI.

Le rapportage extra-financier est un processus important qui permet aux PME de démontrer leur engagement pour la société et l’environnement. Cela peut aider à renforcer la confiance des investisseurs, des clients et de la société en général dans une entreprise, et à l’aider à améliorer son influence sociale et écologique.

Son histoire

L’histoire remonte aux années 90, lorsque les investisseurs et les millions de consommateurs ont commencé à prendre conscience des conséquences des entreprises sur l’environnement et la société. À mesure que la conscience de ces impacts grandissait, certaines organisations ont commencé à publier des rapports sur leurs activités en développement durable, d’éthique et de responsabilité sociale. Au fil du temps, ces rapports ont évolué pour devenir de plus en plus détaillés et normalisés, avec des indicateurs clés pour mesurer les progrès et les objectifs. 

Aujourd’hui, les règles concernant le rapportage extra-financier varient selon les pays. L’Union Européenne, par le biais d’une directive, est particulièrement active dans le domaine de la lutte contre le réchauffement climatique. De ce fait, elle étend progressivement l’obligation de cette démarche à un nombre de plus en plus important d’organisations. Au départ, les enjeux se limitaient aux grandes organisations étaient concernées, mais il est prévu que les PME soient aussi bientôt impliquées, notamment concernant le bilan carbone.

Environ 3 800 entreprises françaises et 11 000 sociétés européennes doivent aujourd’hui remplir la Déclaration de Performance Extra-Financière pour répondre aux exigences en matière de transparence et de responsabilité.

Le rapportage extra-financier prend actuellement généralement la forme d’un rapport annuel sur les impacts sociaux, sociétaux et environnementaux de l’entreprise. Les sociétés sont également poussées à publier des informations sur le bilan des objectifs de leur stratégie en développement durable, leur utilisation des ressources naturelles et leur répercussion sur l’environnement. Et ces entreprises, qu’en pensent-elles ? Elles sont de plus en plus demandeuses de notation RSE ! Selon une étude menée par Deloitte en 2020, 67 % des grandes organisations françaises publient un rapport de développement durable ou extra-financier. Ce chiffre est en augmentation par rapport à l’année précédente (60 % en 2019). Cela montre l’importance croissante accordée aux engagements sociaux et écologiquesbdes PME.

67% des MGE publient un rapport RSE

Quels sont les bénéfices du reporting RSE ?

Il présente de nombreux avantages pour les entreprises, au-delà de la simple satisfaction des obligations légales. 

  1. Tout d’abord, cela peut aider les organisations à mieux comprendre leur influence environnementale et sociale. Si elles souhaitent agir pour l’améliorer et rendre leur activité plus durable à long terme, elles sauront où intervenir. Ainsi, l’organisation peut ajouter sa pierre à l’édifice de la lutte contre le réchauffement climatique.
  2. De plus, ce reporting sert aussi d’outil pour évaluer la progression de l’entreprise concernant l’impact social et environnemental dans le temps. D’une année sur l’autre, elle aura une vision claire de l’évolution de ses indicateurs de performance.
  3. Enfin, il peut donner à une entreprise un avantage concurrentiel. En effet, il peut l’aider à renforcer son image de marque auprès de ses clients et employés. Ainsi, l’entreprise se distingue de ses concurrents concernant la durabilité. De ce fait, elle peut attirer de nouveaux clients, investisseurs et candidats en recherche d’emploi.

Mettre en place un système de rapportage peut être bénéfique pour les entreprises de toutes tailles, qu’il s’agisse de répondre à des exigences légales ou de démontrer leur engagement en faveur de la durabilité. Si vous avez besoin d’outils de reporting pour faciliter le vôtre, n’hésitez pas à contacter nos experts pour faire le point sur vos besoins.

Accelerez la prise de decision avec la business intelligence

Comment adopter le rapportage extra-financier dans votre entreprise ?

La démarche peut être un défi pour des millions d’entreprises, mais c’est également une opportunité pour elles de montrer leur politique en faveur de la performance sociale, environnementale et sociétale. Pour les sociétés françaises, la DPEF est une obligation légale pour les organisations suivantes selon les dispositions du Ministère de la Transition écologique :

  • Les entreprises cotées avec un effectif de plus de 500 employés et un bilan qui dépasse les 20 M€ ou un chiffre d’affaires au-delà de 40 M€.
  • Les sociétés non cotées dont l’effectif est supérieur à 500 personnes et dont le bilan ou le chiffre d’affaires dépasse les 100M€.

Il est donc important pour les organisations de comprendre les étapes à suivre pour adopter efficacement le rapportage extra-financier. 

  1. Tout d’abord, les entreprises doivent déterminer les indicateurs pertinents qui mesurent leur impact social, environnemental et sociétal. Cela peut inclure des indicateurs tels que les émissions de gaz à effet de serre, la consommation d’énergie, la quantité de déchets produits, les relations avec les employés et les communautés locales, etc. Une fois que ces KPI ont été identifiés, les entreprises doivent collecter et analyser les données d’activité nécessaires pour élaborer leur rapport de performance extra-financière.
  2. Ensuite, les sociétés peuvent choisir de se baser sur un modèle de DPEF établi par un tiers ou de concevoir leur propre modèle en se basant sur les modèles les plus populaires. Il est important de noter que pour les organisations françaises, leur DPEF doit être contrôlée par un Organisme Tiers Indépendant (OTI) pour certifier que son contenu est fiable.
  3. Finalement, une fois la DPEF prête, les PME peuvent la publier pour démontrer leur engagement concernant la responsabilité sociale, environnementale et sociétale. Les entreprises peuvent également utiliser leur rapport de performance extra-financière pour améliorer leurs pratiques internes et prendre des mesures pour réduire leur impact négatif sur l’environnement et les communautés locales.

Les éléments à inclure dans une DPEF

Pour la compléter, il vous faudra inclure les éléments suivants. 

expertise data
  • Un modèle d’affaires : Ce modèle inclut la description de la stratégie, des objectifs et de l’architecture de votre entreprise en développement durable.
  • Les principaux risques : Ici, il vous faut donner une vision complète des risques environnementaux, sociaux et de gouvernance auxquels votre entreprise est confrontée.
  • Les politiques et les procédures de diligence raisonnable : Concernant la RSE, la diligence raisonnable implique que vous preniez toutes les précautions raisonnables pour éviter d’avoir un effet néfaste sur l’environnement ou la société. Dans cette partie, vous devez donc expliquer quelles politiques et procédures vous avez mises en place à cet effet.
  • Les résultats des politiques et indicateurs de performance : Cette partie décrit les résultats concrets de vos politiques concernant le développement durable et les KPI grâce auxquels vous mesurez ces résultats.
  • Et un bonus non obligatoire : un bilan carbone ! Il s’agit d’une estimation de la quantité de carbone émise par votre entreprise. Il liste aussi les mesures mises en place pour réduire ces émissions.

Comment faire une DPEF ?

Nous vous conseillons de suivre les étapes suivantes. 

  1. Choisissez un modèle : Il n’y a pas de modèle standard pour une DPEF, ce qui signifie que vous avez la liberté de choisir celui qui convient le mieux à vos besoins. Vous pouvez opter pour un modèle fourni par un organisme tiers, tel que la TCFD (Taskforce on Climate-related Financial Disclosures), ou créer le vôtre en vous inspirant des différents modèles disponibles.
  2. Collectez et analysez les données nécessaires : Pour préparer une DPEF, il vous faut rassembler et analyser les data relatives à l’activité de votre entreprise. Vous pouvez utiliser un logiciel de rapportage pour automatiser ce processus et vous assurer que les data collectées sont exactes et précises. Aussi appelé outil de Business Intelligence (ou outil BI), il vous aidera à accélérer et à fiabiliser la production de votre DPEF. Car avec Microsoft Excel, on n’est malheureusement jamais à l’abri d’une erreur dans la manipulation de ses données.
  3. Faites contrôler votre DPEF par un Organisme Tiers Indépendant (OTI) : Si votre entreprise se trouve en France, il est obligatoire de faire contrôler votre déclaration par un OTI. Cet organisme indépendant vérifiera la qualité et la conformité de votre DPEF aux normes en vigueur.
  4. Publiez votre déclaration : Maintenant qu’elle est complète et validée par un OTI, il ne vous reste plus qu’à la publier ! Cela permettra aux parties concernées, telles que les investisseurs, les clients et les employés, d’avoir une idée claire de votre engagement écologique et social ainsi que de l’impact de vos activités.
Les avantages d un logiciel de bi cloud ou on premise

Comment le valoriser ?

Une fois votre rapportage élaboré avec soin, il devient un outil puissant pour renforcer la réputation et l’impact de votre entreprise. Voici quelques stratégies pour valoriser efficacement vos efforts concernant l’engagement sociale, environnementale et sociétale :

1. Communication transparente et engageante

La clarté et la simplicité revêtent une importance cruciale dans la communication du reporting extra-financier. Il est impératif que le langage utilisé soit accessible à un large public. En évitant les termes techniques trop complexes, votre rapport devient plus compréhensible pour tous, des actionnaires aux consommateurs. Mettez en lumière les aspects les plus pertinents et impactants de vos initiatives, facilitant ainsi la compréhension des progrès réalisés concernant les engagements sociaux et écologiques. Une communication transparente renforce la confiance des parties prenantes, établissant ainsi un lien solide et démontrant un engagement authentique envers des pratiques durables.

2. Mise en avant des réalisations significatives

projet business intelligence

Identifiez avec précision les réalisations les plus marquantes de votre entreprise et mettez-les en lumière de manière proactive. Cela englobe des projets innovants, des réductions d’émissions significatives, des initiatives philanthropiques ou des programmes sociaux impactants. En mettant en avant ces réussites, vous offrez une vision tangible de l’effet positif de votre entreprise dans ces domaines clés. Cette mise en avant souligne votre politique envers la RSE, renforçant ainsi la perception positive de votre entreprise auprès des parties prenantes et du public en général.

3. Intégration dans la stratégie de communication globale

Intégrez soigneusement le reporting extra-financier dans votre stratégie de communication globale, en le positionnant comme un élément central de votre récit d’entreprise. Évitez de le considérer comme un document isolé ; au contraire, faites-en un élément essentiel de votre histoire corporative. Mettez en relief la manière dont votre politique envers la durabilité et la performance sociale s’aligne harmonieusement avec les valeurs fondamentales de votre organisation. En soulignant cette convergence, vous établissez une connexion plus profonde avec vos parties prenantes, renforçant ainsi la cohérence de votre engagement envers des pratiques commerciales socialement et environnementalement responsables.

4. Engagement avec les parties prenantes

Favorisez une implication active de vos parties concernées dans le processus en organisant des sessions d’information, des webinaires ou des tables rondes dédiées à la discussion des détails de votre reporting extra-financier. Encouragez ouvertement les retours et les suggestions, démontrant ainsi un réel engagement à prendre en compte les opinions variées de toutes les parties concernées. Cette approche participative renforce la transparence de vos actions, créant un dialogue ouvert et inclusif qui renforce la confiance mutuelle et montre que votre entreprise est réceptive aux besoins et aux préoccupations de ses parties prenantes.

BI pour tous

5. Utilisation des médias sociaux

Exploitez pleinement les opportunités offertes par les médias sociaux pour diffuser vos initiatives extra-financières. Utilisez ces plateformes pour partager de manière dynamique et visuelle vos actions concernant le développement durable. Publiez des articles informatifs, des infographies percutantes, des vidéos engageantes, et des témoignages illustrant concrètement les projets et les résultats de votre entreprise dans le domaine de l’engagement social et écologique. En exploitant la viralité et la portée considérable des médias sociaux, vous pouvez sensibiliser un large public à vos efforts, renforçant ainsi la visibilité positive de votre entreprise et générant un impact significatif au sein de la communauté en ligne.

Le reporting extra-financier est de plus en plus important pour les sociétés, non seulement pour respecter les exigences légales, mais aussi pour montrer leur politique et engagement en faveur du développement durable et de la responsabilité sociale et des enjeux auxquels elles font face. Besoin d’un logiciel pour faciliter votre reporting ? Contactez-nous ci-dessous pour que nous vous en recommandions une selon vos besoins.

Foire aux questions

La loi Grenelle, également connue sous le nom de Grenelle de l’Environnement, est une série de lois françaises adoptées pour aborder les enjeux environnementaux et promouvoir le développement durable.

Le Grenelle I, promulgué en 2009, s’est concentré sur la transition énergétique et la biodiversité, tandis que le Grenelle II, en 2010, a renforcé les mesures en matière de rapportage extra-financier et d’engagement sociétal des entreprises (RSE). Ces lois ont été cruciales dans l’évolution des politiques environnementales et de la réglementation en France.

Le dispositif Grenelle II, mis en place en 2010, a apporté des modifications significatives au processus de reporting extra-financier. Contrairement à Grenelle I, le processus de collecte des informations RSE n’a pas été fondamentalement modifié. Cependant, le processus de présentation des informations a été révisé de manière importante. Désormais, il s’appuie sur une analyse des risques, obligeant les entreprises à ne présenter des informations que sur les thématiques à risque significatif. À l’inverse de Grenelle I, qui demandait des informations sur 43 thématiques, cette approche vise à concentrer le rapport sur les enjeux les plus critiques.

De plus, les informations présentées sur les risques significatifs doivent suivre une structure particulière, mettant l’accent sur la logique « politiques, plans d’action, résultats, KPI ». Cette exigence de structuration n’était pas spécifiée dans Grenelle I, qui ne fournissait aucune directive précise sur la nature des informations à produire, que ce soit qualitatives ou quantitatives.

En fin de compte, la DPEF, instaurée par Grenelle II, apparaît comme plus pertinente et probablement plus concise que le rapport RSE de Grenelle I. Cette évolution répond ainsi plus précisément aux attentes des parties concernées et renforce l’efficacité du processus de rapportage extra-financier.

Il exerce une influence significative sur les décisions d’investissement et les choix des consommateurs en fournissant des informations détaillées sur les performances et le bilan d’une entreprise en matière de RSE. Voici comment cela peut se produire :

  1. Transparence et confiance : Le reporting extra-financier permet aux investisseurs et aux consommateurs d’accéder à des données transparentes et détaillées sur les pratiques durables d’une entreprise. Cette transparence renforce la confiance en démontrant l’engagement réel de l’entreprise envers des pratiques éthiques et responsables.

  2. Prise de décision éclairée : Les investisseurs, de plus en plus conscients de l’importance de l’impact social et environnemental d’une entreprise, intègrent ces informations dans leurs critères d’investissement. Les consommateurs, quant à eux, utilisent ces données pour faire des choix éclairés, favorisant les produits et services provenant d’entreprises socialement responsables.

  3. Gestion des risques : Les investisseurs considèrent le reporting extra-financier comme une démarche cruciale pour évaluer les risques non financiers, tels que les risques liés aux questions environnementales, sociales et de gouvernance (ESG). Les entreprises bien positionnées dans ces domaines sont souvent perçues comme gérant plus efficacement les risques à long terme.

  4. Accès aux marchés : Les organisations ayant des performances extra-financières solides peuvent attirer un plus large éventail d’investisseurs socialement responsables et accéder à des marchés où la durabilité est de plus en plus valorisée.

  5. Réputation de marque : Pour des millions de consommateurs, le reporting extra-financier influence la perception de la marque. Les organisations démontrant des engagements forts envers le développement durable et la RSE peuvent attirer une clientèle soucieuse de ces valeurs.

Articles liés
rolling forecast c'est quoi
Rolling forecast : optimisez votre gestion financière
Découvrez comment le rolling forecast peut dynamiser et optimiser la gestion financière de votre entreprise. …
suivi budgetaire
Le suivi budgétaire : définition, outils et amélioration 
Le suivi budgétaire joue un rôle-clé dans les entreprises pour éviter qu’elles manquent de ressources. Découvrez comment optimiser le vôtre ! …
reporting intégré
Le reporting intégré : définition, objectifs et défis
Vous avez envie d’adopter le reporting intégré pour mettre l’accent sur votre engagement social et environnemental ? Découvrez comment. …
Contactez un de nos experts
contact expert bi

« * » indique les champs nécessaires

Hidden
{embed_url}
Ce champ n’est utilisé qu’à des fins de validation et devrait rester inchangé.
  • Ce champ n’est utilisé qu’à des fins de validation et devrait rester inchangé.
  • Ce champ n’est utilisé qu’à des fins de validation et devrait rester inchangé.
  • Ce champ n’est utilisé qu’à des fins de validation et devrait rester inchangé.
  • Ce champ n’est utilisé qu’à des fins de validation et devrait rester inchangé.